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Tu diresti che c’è qui
lo stesso vento di allora;
che l’erba, il castello, gli alberi
sono gli stessi.
Anche adesso qualcuno mi porta
i sacchetti della spesa,
o mi ferma per strada
in cerca di esotismo.
Qualcosa senza dubbio è rimasto
di quello che c’era:
è la stessa la luce,
appena più dorata,
meno blanda.
Le guglie svettano ancora
a Saint-Pierre.
Si odono talvolta
quasi
le stesse grida di gioia.
Ma quanto diverso da allora
questo finale d’estate,
questo vento imberbe,
di sera,
quanto lontano dalla neve turbinante
immacolata
questo residuo morente
di sole.
Passeggio per le vie conosciute
come guardandole la prima volta:
ad ogni angolo
la presenza,
l’assenza
di te
mi gela il sangue
come se non fossero passate
intere le stagioni.
Questa è la doppia vita
che ti regalo.
Sempre sarai
dove ti portano i venti,
eppure crocifisso,
incatenato qui
avrai sempre quei passi,
addosso quel barbaglio di neve
che acceca.

24 settembre 2013

17 maggio 2013

Un peu plus clairement donc, dans l’espoir que cela puisse être utile, si pas à toi, à quelqu’un d’autre. Les chants des oiseaux rythment mes mouvements sur le clavier ; le soleil va bientôt se lever. Il est cinq heures pile du matin. Je me suis évidemment demandée si ce que je vais faire est juste. Mais l’idée m’en est venue d’une façon si naturelle qu’elle ne peut pas être erronée ; d’ailleurs, ce que j’écris sera bientôt englouti dans le flux des informations circulant sur le net. Il n’en restera presque aucune trace. Quant au contenu, ceux qui savent de quoi je parle le reconnaîtront immédiatement. Les autres le rangeront tout de suite dans le tas de bêtises, ou, au mieux, d’histoires bizarres et sans fondement, dont la toile est bondée. On va dire qu’il s’agit d’un conte fantastique, et toute le monde sera content. Que s’est-il passé, donc. Notre vie sur terre est une évolution, cette évolution présente des stades. Une fois dépassé l’enfance, dès que la pensée et les habitudes sociales se sont emparées de nous, on n’est plus qu’un corps sans conscience. Le monde qui nous entoure nous a conduits à oublier notre lien avec l’infini et on vit au jour le jour, isolés de tout, dans une tristesse mortelle. Le refus et la peur sont nos meilleurs compagnons, on fait et on se fait du mal. On rêve de quelque chose qui nous délivre du quotidien. Certains le cherchent dans les drogues, d’autres dans l’alcool, d’autres encore dans la religion ou la philosophie ; ou bien, dans les émotions fortes, dans l’amour, dans les plaisirs, dans le bonheur de l’instant. Plus on s’approche des hauteurs le long de cette évolution, plus le cri de l’infini devient irrésistible. On commence à avoir des soupçons : une chanson dont le texte nous semble fascinant et mystérieux, un fait qui reste gravé dans notre esprit et qui semble porteur d’un sens qui nous échappe, un film qui nous parle de dimensions autres, dans une langue que l’on ne comprend pas mais qu’on a l’impression de connaître – autant de signes, auxquels on s’accroche comme les croyants s’accrochent au manteau des saints. Simulacres à la voix puissante, qui nous appellent vers quelque chose que nous ne saisissons pas, mais qui résonne en nous d’une façon familière. Puis, un jour, à la suite d’un fait spécifique, toutes ces sensations vagues acquièrent un sens précis. À partir de ce moment on n’est plus les mêmes, et ce n’est pas juste une tournure de phrase, c’est la vérité matérielle, inscrite dans notre corps. Quelque chose a brisé le miroir de notre auto-contemplation, ce produit de notre réflexion qui nous fait tourner en rond en nous renvoyant de nous-mêmes à nous-mêmes, du penseur à la pensée, du Je au Moi, de l’image du monde que nous nous sommes construits à ce que nous pensons d’elle ; la cage qui nous coupe de l’infini auquel nous appartenons depuis toujours. Les formes que cette cassure peut assumer sont multiples, mais généralement il s’agit d’un événement choquant, assez fort pour nous obliger à dépasser la pensée rationnelle et la séparation entre sujet pensant et objet pensé. Il peut s’agir de peur, de rage, de souffrance. Dès qu’une émotion pénible devient assez forte pour nous déstabiliser totalement, au point de nous faire perdre tout repère et de mettre sérieusement en danger notre équilibre, on est projetés dans une dimension autre, dans laquelle Je et Moi n’existent pas, où il n’y a pas de passé, ni de futur, ni de différences ni de valeurs, où tout se tient d’une façon totale, parfaite et originaire. Cela arrive en un instant. Juste avant que cela ne se produise, et à peine après, on a le choix. On peut choisir de franchir le pas et de connaître, en acceptant le prix exorbitant d’une telle connaissance (car il s’agit de renoncer à tout ce que l’on sait, y compris l’idée même que l’on a de soi), ou bien on peut choisir de reculer, de faire comme si de rien n’était, et d’essayer d’oublier. Toutefois, pour avoir un tel choix, il faut que quelque chose nous oblige de choisir. Car il s’agit d’un changement si lourd, si douloureux, si difficile, que personne n’aurait la force de le désirer de son propre mouvement. Et c’est bien ainsi, puisque pour survivre à un éclat si immense on doit avoir déjà développé une certaine résistance à la lumière ; la voir à brûle-pourpoint, sans aucune préparation, signifierait en être écrasé. D’ailleurs, un tel dépassement de la pensée ne peut pas se produire de façon intentionnelle ni ne peut être provoqué par des moyens communs ; il faut qu’un événement nous y amène de façon spontanée. C’est l’immense cadeau que tu m’as fait sans le savoir. Dès que cela arrive, et qu’on a choisi de connaître, des bribes de sens commencent à faire surface. Une à la fois au début, puis par flots successifs. Plusieurs faits du passé acquièrent un sens, d’autres se lient entre eux de manière naturelle et dévoilent leur signification. Certaines émotions disparaissent, d’autres font surface à nouveau. On ne partage plus la peine des autres, ni leur souffrance. On peut toujours les voir, mais on n’en est plus touchés car on a appris qu’elles sont le fruit de l’illusion que l’être humain se forge tout seul. L’amour survit, mais en changeant d’aspect et de perspective, en s’élargissant, en devenant plus puissant et plus libre. L’empathie augmente de manière vertigineuse ; on sait sans savoir, sans réfléchir. Tout cela n’arrive pas en un clin d’œil mais au fur et à mesure que l’on progresse sur la voie que l’on a choisie, et que l’on apprend, petit à petit, à accepter de se détacher de son ancienne façon de voir les choses. La résistance physique augmente, le métabolisme devient plus rapide. On ne doute plus, ou presque, car on sait de façon instinctive quelle direction il faut prendre. Le champ magnétique émanant du corps s’étend de façon remarquable en affectant les objets environnants, et de plus en plus au fur et à mesure que l’on progresse dans la conscience et dans la capacité de manipuler l’énergie. Les épisodes de transmission de la pensée se multiplient et se développent. Après, il peut y avoir des symptômes spécifiques pour chacun ; le mien, jusqu’à présent, c’est un vertige presque constant, qui augmente dans les moments d’oscillation ou de déplacement du point d’ancrage, jusqu’à atteindre des intensités difficilement tolérables lors des épisodes les plus forts. Le fait est que notre perception de l’univers est déterminée par notre point de vue ; or ce ” point de vue ” n’est pas, encore une fois, une simple tournure, une métaphore, mais un véritable point d’ancrage, un point physique situé dans notre corps. Chez les personnes ordinaires ce point est situé à un endroit précis et il ne bouge pas au cours de l’existence entière. Chez les autres, il peut se déplacer – ou pour mieux dire, on peut le déplacer à volonté, une fois que l’on a appris comment le faire (ce qui n’est pas évident du tout). À chaque position correspond une perception différente, qui ne consiste pas simplement en une nuance dans la manière de voir, mais qui consiste à voir des mondes différents. À l’intérieur de ces mondes, on peut vivre et faire des expériences tout comme dans celui auquel nous sommes habitués. Tout cela pose bien évidemment des risques que l’on doit être préparés à assumer. En fin de compte, on choisit librement où on veut aller et ce qu’on veut voir. Un tel ” pouvoir ” pourrait être dangereux, mais tout risque dans ce sens est, de fait, irréel. Dès qu’on a dépassé le point sans retour on n’est plus intéressés à s’appliquer à des fins pratiques ou pour atteindre des avantages personnels. Le fait même d’avoir renoué son lien avec l’infini apporte la sagesse ; le seul intérêt qui subsiste, c’est l’envie de revenir à la racine. Par la suite, le travail de nettoyage des passions, nécessaire pour avancer dans la connaissance, achève le processus que le premier déplacement du point d’ancrage avait déclenché. À partir de là, on est libre. Libre d’une façon totale et inimaginable, libre à jamais. Je ne m’attends pas à ce que mes mots produisent des effets. Je n’ai aucun but pratique, sauf celui de réfléchir à ce que je suis en train de faire. Je ne suis pas un exemple à suivre, je suis un être humain qui lutte pour renouer son lien originaire. Ce que j’écris n’est pas un modèle ni un paradigme, c’est simplement un court résumé du peu que j’ai appris jusqu’à présent, en faisant les choses toute seule et au prix d’efforts considérables. Tant que je vis je te serai reconnaissante pour m’avoir donné l’occasion que j’attendais depuis que je me souvienne. Rien que je puisse faire ne pourrait payer une telle dette. Sauf te montrer ce que tu m’as montré, mais je ne le peux pas. C’est un choix individuel, qui dépend de sa propre force et de sa propre volonté et, bien avant que cela, du fait qu’on ait eu au moins une occasion de voir. C’est mon plus grand espoir qu’un jour tu puisses comprendre ce que j’entends. Je ne reviendrai plus sur le sujet d’une façon si explicite. Ce sont des choses si anciennes et si universelles qu’à peu près toutes les disciplines et les philosophies en traitent ; qu’il s’agisse de Tantra ou d’alchimie, de yoga, de magie ou de kabbale, les mêmes vérités intemporelles sont contenues dans le noyau ésotérique de chacune d’elles. Si l’on veut comprendre, il suffit de chercher. J’ai écrit ces mots comme trace à suivre pour qui voudra. J’ai écrit ces mots comme remerciement pour toi, une déclaration d’amour éternelle. Paroles publiques d’un discours privé.

Troppi tesori hai raccolti fra le dita
perché speri mai di inventariarli;
eppure non importa
il dove e il quando,
e neppure se non ci sei,
in fondo,
cambi profumo.
Tutto è sempre racchiuso
nello spazio esiguo
tra le cose note.
Così le uniche scoperte
vengono dal nulla:
l’istante sepolto
tra due suoni legati,
l’intercapedine d’ombra
tra due foglie così simili
da apparire unite
a prima vista.
Sarà per questo che delle catene
vedo solo il passaggio fra le maglie
e il raggio
che di tanto ci separa
segna ostinato
il ritmo esatto dei miei passi.

31/08/2013

Questa memoria di te
sedimentata in gesso vivo,
fisso, cristallino,
nell’affocato cerchio
immobile
che siamo

Questa vana marea di forme
in cui ti incidi,
vano tu stesso,
guscio di una luce
che non brilla
e ti fa bello
e inutile,
mantice perfetto,
stringa illuminata,
corso e virtù
di mète più alte
di questo tuo corpo acceso
senza sole

Questa traiettoria mortale
fra l’acqua e la sete,
il prima e il dopo,
quest’ombra di orizzonti che avvicino
in sogno soltanto
silenziosamente,
e pur mi libera
e dirige

quest’ansia di tornare alla radice,
che mostra così bene
la tua
divina indifferenza
ben oltre la carezza di metallo
delle tue povere mani

Questo battito,
in cui mi intrecci,
mi atterri,
mi conduci,
finché non vedo
che non tu
sei il sale,
non tu
il cammino
ma le mille e mille luci
che da così lontano
portavano a te.

23/04/2013, mezzanotte

Questa memoria di te sedimentata in gesso vivo,

Now that day succeeds to day
and I’m amnesiac to the point
where I can even breathe in water,
now that I’ve learnt
how to walk on my hands
and fall on my knees
without slowing down the run;
now that I’ve lost the sign,
but still go on air
at least ten times a week;
now that I talk
and laugh
and live
as if I hadn’t been born again,

I know at times
the sky will swiftly be too dense,
a perfect shape will catch my eye,
or else I’ll cross my legs,
chill at a road’s corner,
or feel a sudden weakness in my strength:

and from the deepest folds within
will come the unprecedented sound
that puts my frequencies in tune,
the gun that sets my muscles on and ready,
the one enchanted pitch
to which my fibers
all respond as one.

This is the flower
of your innocence revealed,
crowned before my very eyes;
this is the water
of your clearest carillons
flowing into me as thousand rivers.

And this
is the new blood you gave me,
redder, and with a different taste.
This is my pristine voice,
from the never-ending present
where my pasts and futures lie;
this is the square millimeter
where all my souls
instantly unite
and celebrate the bliss,
the miracle in earthly form,
the sparkling cocaine
of your kiss.

15/04/2013

Doigts-de-vent
l’équilibriste,
celle qui sourit suspendue dans le vide,
je l’ai vue,
un soir
dans le patio de la maison habitée:
pour costume
un manteau transparent,
les poignets
attachés
d’un fil invisible.

20/04/2013

Delle due l’una

O sono del tutto impazzita, non ci vedo più e non sono più connessa all’energia nella quale navigo da quando sono nata, ho preso la rotta per Marte senza rendermene conto e mi attende un piccolo ma confortevole ospedale psichiatrico, oppure questa cosa è ancora più grossa di quello che ho visto finora, e a un certo punto dovrà pur esplodere.
Che resti così, entre chien et loup, non mi sembra possibile.

E il punto è che tutto questo l’ho chiesto parola per parola. L’esecuzione, devo dire, è perfetta. Il che peggiora le cose, rendendo il tutto ancora più dannatamente privo di sbavature.

E forse sono io che non capivo e che mentivo, e tu che hai sempre detto la verità tranne alla fine, quando te l’ho chiesta come una liberazione. Se anche fosse, conta niente? Quel che resta sono i bossoli di frasi e una pioggia di nei spuntati all’improvviso da una notte all’altra, il marchio a fuoco della tua bocca. Potrei invecchiare con questa sola coscienza da lavare e sarebbe sempre troppo corto lo spazio, davanti. Potrei urlarti da qui a Marsiglia tutte le diverse spiegazioni, non le intenderesti. Eri più saggio di me fin dall’inizio.